• Délits forestiers et autres dans la famille PINAGOT (6)

    Délits forestiers et autres dans la famille PINAGOT (6)Je ne parlerai pas des vies communes - montrées du doigt dans nos villages - et pourtant monnaie courante... A. CORBIN s'étend essentiellement sur les petits délits, les petits arrangements qui permettent une vie meilleure : nous entrons dans le monde de la "débrouillardise".

    Tous ces faits qualifiés de délictuels, de délinquants car hors-loi, sont répertoriés dans les archives départementales ; tout y est mentionné. Et le sabotier figure parmi les plus nombreux : pour faire des sabots, il faut du bois....

    L'arrangement est un engagement entre deux personnes ; il est entendu entre témoins, mais demeure la plupart du temps du domaine de l'oralité :  n'oublions pas que nos paysans savaient peu écrire et compter.

    Nous sommes à l'époque du truc : un labeur (ou corvée ou "besogne") compense "le travail d'une fileuse de chanvre" ; il peut aussi se pratiquer "contre un boisseau de grains ou une pipe de cidre". Le marchandage se fait sur la tâche à réaliser (ou la journée de travail) auquel s'ajoute "le boire" de l'ouvrier. Ici, l'ouvrier désigne celui qui n'est pas "maître-sabotier". Les prêts d'outils ou d'instruments font également l'objet d'accord.

    En cas de litiges, il faudra porter plainte et les "brouilles" sont retrouvées dans les archives judiciaires ; le juge de paix renverra souvent "l'affaire" devant monsieur le Maire ou son adjoint. Le versement de numéraire peut intervenir et "l'usure constitue vers la moitié du siècle (...) l'une des plus terribles plaies des campagnes".

    La famille PINAGOT semble avoir échappée aux prêteurs : la propriété était déjà si peu importante, qu'elle lui a épargné un état de servitude supplémentaire.

    On appelle "brouille" le dysfonctionnement d'un accord initial ou la non-reconnaissance d'une dette ; "elle nait de la force du sentiment de la propriété" et donc de litiges associés au bornage, au passage et au dégât. A. CORBIN imagine aisément les conversations au coin du feu, les veillées alimentées par les conflits de voisinage : "l'honneur d'une famille se gagne et se préserve".

    L'auteur nous rappelle les trois valeurs qui mettent les sensibilités à vif :

    - l’honnêteté individuelle,

    - l'honneur des femmes,

    - la compétence professionnelle.

    Dans les campagnes, l'honneur peut se laver avec un charivari, encore légal mais pour peu de temps, car les débordements de tout genre sont vite réprimés. ; la maréchaussée est omniprésente.

    Pour en savoir plus :

    Quels impôts payaient nos ancêtresDélits forestiers et autres arrangements dans la famille PINAGOT (6)

    Délinquance et système pénitentiaire en France au 19ème siècle

    Vie et mort de l'octroi, impôt au profit des villes

    Petite histoire de l'impôt sur le revenu

    Impôts et revenus des communes

    Les archives fiscales

    Nos ancêtres et l'impôt

    Le charivari, une coutume ancienne

     

    Délits forestiers et autres arrangements dans la famille PINAGOT (6)

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