• L'enfance d'Emile Théophile (1)

    En août 1872, Émile Deiber, le père d’Émile Théophile, et sa famille arrive sur Reims.

    Son grand-père Nicolas Deiber est décédé le 23 octobre 1882 à Reims, alors qu’il résidait au 21 impasse Saint-Thierry, une ruelle située non loin de la rue du Mont d’Arène, domicile où est né Émile Théophile. La famille habitait déjà sur cette commune, et je pense que c’est une bonne raison pour qu’Émile ait choisi cette destination en 1872.

    Que de changement ! Passer d’une petite commune – Oberhaslach avait 1074 habitants en 1872 – à une grande ville industrialisée ( Reims avait 17 434 habitants à la même époque!) a dû être un bouleversement total….

    L'enfance d'Emile Théophile (1)

    L'enfance d'Emile Théophile (1)

    Les métiers de la famille Deiber sont mégissiers, tanneurs, tisseurs… Reims, à cette époque s’ouvre sur l’industrie textile : « L’industrie rémoise des laines s’achemine à grands pas vers une période de prospérité inouïe. Le commerce réalise de gros bénéfices sur ses produits manufacturés la vente du tissu prend de l’extension et des firmes nouvelles se créent ou se transforment » (source : la vie rémoise en 1872)

    (…) c’est ce 22 septembre que les Alsaciens-Lorrains mis en demeure d’opter pour une nationalité ou l’autre, et les premiers Messins commencèrent aussitôt leur exode, par un froid intense. Ceux d’entre nous qui ont connu les amertumes de l’exil forcé, en 1914 et les années suivantes, prendront en souvenir et pitié leurs précurseurs. Beaucoup d’entre les uns et les autres, des deux générations, ne devaient plus revoir le sol ni respirer l’air de la patrie perdue. Ah ! ces crimes ne seront jamais châtiés au prorata des douleurs morales et des souffrances physiques dont ils accablent notre pitoyable Humanité ! Le délai d’option avait été prorogé au 30 septembre, mais nombre de nos concitoyens des provinces perdues ne profitèrent point de ce délai et nos rues virent apparaître les avant-gardes et les premiers détachements des réfugiés. La rue Petit-Roland qui s’achevait, et dont beaucoup d’immeubles étaient encore inoccupés, fut l’une des premières à recevoir cet afflux de concitoyens nouveaux. Leurs groupes larmoyants, mais réconfortés par un accueil ému et bienveillant, s’essaimèrent un peu ça et là, partout où l’on pouvait leur prêter un asile : les Grand’Barbe furent parmi les tout premiers de ce flot d’émigrants et prirent pied à Reims dans la rue Large, 52, propriété des Malherme, agent d’affaires, entre les demeures de Saint-Aubin, courtier en laines, au 54, et Fiévet, fabricant de billards, au 50.
    En ces temps, César Poulain était Maire de Reims, et ne fut remplacé que le 29 octobre suivant, par Victor Diancourt.

    On peut aisément apprécier la douleur d’Émile, de sa femme et des deux petits, Marie-Thérèse et Jean Joseph, déracinés de leur chère Oberhaslach, leur Alsace chérie où leurs générations précédentes avaient installé leur quotidien, leurs coutumes, au gré de l’Histoire et des invasions prussiennes.

    Malgré tout, la cité rémoise apporte des emplois, ce qui n’est pas négligeable. De nombreuses entreprises s’installent et l'industrie textile, regroupant fabriques et artisans va très vite évoluer avec l'apparition des métiers à tisser et de la machine à vapeur. Son père Émile était très certainement un ouvrier prolétaire du textile, tandis que sa mère était accaparée par toutes les tâches domestiques qui incombaient aux femmes. Émile était tisseur et détenteur d’un réel savoir faire ; les alsaciens ont longtemps eu la réputation d’être un « peuple » travailleur, propre, et rigoureux, à cause de leur proximité avec l’Allemagne, sans doute. Que l’on soit d’accord ou pas, ceci était une réalité qui a perduré au fil des siècles.

    L'enfance d'Emile Théophile (1)

    Reims est déjà une grande ville et en 1872, elle se remet des « escarmouches et des simulacres de batailles » de la Commune. C’est une ville qui attire de longues dates, avec ses foires commerciales où l’on travaille depuis longtemps le cuir, la laine, le lin et le chanvre.  

    La rue du mont d’Arène doit son nom aux vestiges d’un amphithéâtre antique qui se trouvait près de l’église Saint-Thomas. Ces vestiges ont disparu au milieu du 19e siècle. Le nom de la rue était parfois déformé en rue du Mont de la Reine. Cette rue est longue de 835 mètres ; elle commence au 49-55, avenue de Laon pour se terminer au 68-70, avenue Brébant.

    L'enfance d'Emile Théophile (1)

    Émile Théophile a donc passé les premières années de son existence dans la rue d’Arène à Reims. Il a joué dans les rues avec les gamins de son âge, il est allé à l'école...

    Et pendant ce temps, que faisaient ses parents ?

     

    Pour en savoir plus (sources) :

    Reims Avant

    Histoire de la ville de Reims

    La capitulation est dans la rue ? Retour sur les volontés de résistance ou de reddition des villes face à l’ennemi au cours de la guerre de 1870

    L'industrie textile à Reims. Une reconversion

    Liste des noms de rue de Reims

    L'enfance d'Emile Théophile (1)

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