• L'internationale - 1888

    L'internationale

    Couplet 1


    Debout ! les damnés de la terre !
    Debout ! les forçats de la faim !
    La raison tonne en son cratère,
    C’est l’éruption de la fin.
    Du passé faisons table rase,
    Foule esclave, debout ! debout !
    Le monde va changer de base :
    Nous ne sommes rien, soyons tout !

    Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
    C’est la lutte finale
    Groupons-nous, et demain,
    L’Internationale,
    Sera le genre humain.

    Couplet 2


    Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
    Ni Dieu, ni César, ni tribun,
    Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
    Décrétons le salut commun !
    Pour que le voleur rende gorge,
    Pour tirer l’esprit du cachot,
    Soufflons nous-mêmes notre forge,
    Battons le fer quand il est chaud !

    Refrain

    Couplet 3


    L’État comprime et la loi triche,
    L’impôt saigne le malheureux ;
    Nul devoir ne s’impose au riche,
    Le droit du pauvre est un mot creux.
    C’est assez languir en tutelle,
    L’égalité veut d’autres lois :
    « Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
    Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

    Refrain

    Couplet 4


    Hideux dans leur apothéose,
    Les rois de la mine et du rail,
    Ont-ils jamais fait autre chose,
    Que dévaliser le travail ?
    Dans les coffres-forts de la bande,
    Ce qu’il a créé s’est fondu.
    En décrétant qu’on le lui rende,
    Le peuple ne veut que son dû.

    Refrain

    Couplet 5


    Les Rois nous saoulaient de fumées,
    Paix entre nous, guerre aux tyrans !
    Appliquons la grève aux armées,
    Crosse en l’air et rompons les rangs !
    S’ils s’obstinent, ces cannibales,
    À faire de nous des héros,
    Ils sauront bientôt que nos balles
    Sont pour nos propres généraux.

    Refrain

    Couplet 6 :
    Ouvriers, Paysans, nous sommes
    Le grand parti des travailleurs ;
    La terre n’appartient qu’aux hommes,
    L'oisif ira loger ailleurs.
    Combien de nos chairs se repaissent !
    Mais si les corbeaux, les vautours,
    Un de ces matins disparaissent,
    Le soleil brillera toujours !

    Refrain

    paroles Eugène Pottier en 1871 (a l'époque chantées sur
    l'air de La Marseillaise) musique de Pierre Degeyter en
    1888

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