• La courée - la trilogie (T1)

    La couréeLa trilogie de La Courée nous entraîne dans le monde ouvrier du Nord de la France, de la seconde moitié du 19ème siècle jusqu'au début des années 60.

    Écrivain régionaliste, Marie-Paul Armand raconte - avec bienveillance, abondance de documentations et recueils de témoignages - le courage, la ténacité et l’humble vie laborieuse des personnages de cette saga familiale : chacun pourra y retrouver la vie, les gestes des cheminots, des ouvrières de filatures, les mineurs, qui ont contribué à la prospérité et à la grandeur de leur région, souvent au péril de leur vie. Sans oublier nos deux guerres.

    *

    La couréeLA COUREE (livre 1)

    1866, dans le Nord de la France. A 14 ans à peine, Constance voit son existence chavirer au décès de sa famille ; une succession d’évènements dramatiques la bascule en usine, dans une filature de Lille. Hier encore, elle jouait dans la courée avec ses amis, dans une totale insouciance…Constance découvre alors la dureté du monde ouvrier au 19ème siècle, la condition des enfants et celles des femmes.

    Loin de l’appartement de la Compagnie des chemins de fer du Nord, loué par des parents, Constance est parachuté chez son oncle, dans la « ville des noirs » à Fives, où sont logés les ouvriers de la métallurgie. Avec son regard d’enfant, Constance s’aperçoit « que les gens étaient pauvrement vêtus et que les femmes que nous croisions parfois avaient un air las, presque résigné. (…) Les maisons, basses et serrées, noircies par les fumées des cheminées que j’apercevais au bout de la rue, ne présentaient pas un aspect engageant ».

    « Chacune des ouvrières s’installait devant son métier et sans perdre de temps se mettait à travailler, prenant les balles d’un coton emmêlé et sale (…) elles étendaient ce coton avec la main afin de le présenter à la machine qui se mettait à éplucher et à battre. Une poussière de plus en plus épaisse ne tarda pas à s’élever, qui me piqua la gorge et me fit tousser. »

    « Rouge d’énervement, dans le bruit infernal, les secousses et vibrations des machines, je m’appliquais du mieux que je pouvais, les yeux et la gorge brûlés par l’épaisse poussière formée de déchets de coton, de duvet, de débris de bois et d’écorce. Bientôt j’en eus dans la bouche, dans les narines, dans les oreilles, et je n’arrivais plus à respirer (…) Abrutie par le bruit, frottant sans cesse mes yeux qui piquaient, je parvenais néanmoins à faire marcher mon métier, et je m’émerveillais de voir qu’il transformait le coton plein de débris qu’on lui donnait en une sorte d’ouate douce et floconneuse ».

    Le travail à l’usine est dur : travail tous les jours, sauf le dimanche, mains calleuses, station debout durant près de douze heures, dos courbatu, des difficultés à respirer… « Lorsque la cloche sonna, à sept heures et demi du soir, j’étais épuisée. Je quittai l’usine dans un état voisin de l’abrutissement ».

    Mais ce que Constance va découvrir, s’appelle la misère : « Et c’était cela, le drame, chez tous ces pauvres gens : les hommes, attirés par les lumières et la gaieté des cabarets, s’y réfugiaient, laissant à leur femme la fatigue et les corvées. Et je les plaignias, elles qui, sans même songer à protester, subissaient avec passivité et indifférence une existence de labeur partagée entre l’usine et le taudis où elles vivaient ».

    Pour échapper à sa terrible condition, Constance ne voit pas d’autre solution que le mariage : mais était-ce vraiment l’issue idéale pour une jeune femme ?

    Pour en savoir plus :

    les courées de Lille

    Histoire de Lille

    Histoire d’Antan et d’à présent

    Mémoire : les courées

    Les courées (INA)

    L'innovation technique dans l'industrie textile pendant la Révolution

    Les enfants au travail dans les usines au 19ème siècle

    Histoire de Lille Fives

    A l'ombre des usines ou histoire d'une courée

    La filature du coton au XIX e siècle

    L’autre vue de mon usine (GENEANET)

    La vie quotidienne dans le nord au XIX° siècle

    La Vie ouvrière à Lille sous le Second empire

    La courée - la trilogie

    « L'exil « sacrificiel » des Alsaciens-Lorrains après 1871La courée : Louise (T2) »
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