• L'exil « sacrificiel » des Alsaciens-Lorrains après 1871

    Voici un article de Retronews qui m'a fait écho ; en effet, ma famille a dû quitter son Alsace natale en 1871, lorsque la France a perdu cette région....

    Après l'annexion de l'Alsace-Lorraine par la Prusse à la suite de la guerre de 1870, de nombreux habitants de la région choisissent de partir. La presse, habitée par l'esprit de revanche, va faire de leur exode une cause nationale.

    1871. La France vient d'essuyer une défaite cuisante face à la Prusse. Le traité de Francfort spécifie qu'elle doit céder toute l'Alsace (sauf Belfort), et une partie de la Lorraine à sa rivale d'outre-Rhin. Une annexion qui va avoir une conséquence de poids pour les habitants : la Prusse autorise ces derniers à garder la nationalité française... À condition qu'ils quittent le territoire avant le 1er octobre 1872.

    Une décision relativement clémente, comme le reconnaît à contrecœur une presse française profondément anti-germanique, qui vit la perte de l'Alsace-Lorraine comme un traumatisme. Le Petit Journal commente ainsi

    L'exil « sacrificiel » des Alsaciens-Lorrains après 1871

    Pourtant, l'exil des quelques dizaines de milliers d'Alsaciens-Lorrains qui choisissent la France (les « optants ») va rapidement devenir un symbole de l'iniquité prussienne, cristallisant le désir de revanche de la nation française humiliée.

    Parmi les migrants, nombreux sont ceux qui s'installent autour de Belfort, ou à Nancy, restée française. Mais un certain nombre d'entre eux iront plus loin, à Paris, au Havre, à Lyon, à Bordeaux, voire même en Argentine et au Québec. Promus cause nationale, les optants vont voir leur sort fortement médiatisé pendant les années qui suivent l'annexion.

    Neuf jours après la date limite du 1er octobre, Le Petit Journal écrit :

    L'exil « sacrificiel » des Alsaciens-Lorrains après 1871

    La Société de protection des Alsaciens-Lorrains, dans le journal conservateur Le Gaulois, peint un tableau accablant de l'exode :

    L'exil « sacrificiel » des Alsaciens-Lorrains après 1871

    À Lyon, des mesures spéciales sont prises par la municipalité :

    L'exil « sacrificiel » des Alsaciens-Lorrains après 1871

    Aux « optants », on va même donner des territoires en Algérie, alors colonie française. Ce qui va créer quelques problèmes, comme l'indique Le Journal des débats du 17 décembre :

    L'exil « sacrificiel » des Alsaciens-Lorrains après 1871

    À Noël, tandis que le sapin devient l'emblème de la diaspora alsacienne [voir notre article], on se presse, à Paris, pour recueillir des jouets à offrir aux petits exilés : 

    L'exil « sacrificiel » des Alsaciens-Lorrains après 1871

    L'esprit de revanche et le souvenir de l'humiliation de 1871 se perpétueront jusqu'à la Première Guerre mondiale, et avec eux le rappel régulier de la situation des migrants. En 1911, un journal, L'Alsacien-Lorrain de Paris, est créé, promettant dans son premier édito de faire revivre « l'âme de la petite patrie perdue » en délivrant nouvelles du pays et actualités des Alsaciens-Lorrains exilés.L'exil « sacrificiel » des Alsaciens-Lorrains après 1871

     

    L'Alsace-Lorraine redeviendra française en novembre 1918, à la signature de l'Armistice. Environ 200 000 Allemands résidant sur le territoire seront contraints de le quitter. Et de nombreuses familles d'Alsaciens-Lorrains, ayant fui après 1871, effectueront le chemin inverse.

    *

    En 1871, ma famille a fait le choix  (mais était-ce un réel choix ou de la survie ?) de partir sur Reims, puis Mouy et ensuite Paris ; je pense qu'elle a toujours privilégié son travail et le bien-être de ses enfants : n'aurai-je pas fait la même chose ?

    Très certainement. En tous les cas, nous n'avons jamais quitté la région parisienne. Qui sait si, un jour peut-être, je ne reviendrai pas en Alsace, reprendre ma place dans le berceau familial.... je sais qu'il existe encore des "Deiber" sur Oberhaslach...

    L'exil « sacrificiel » des Alsaciens-Lorrains après 1871

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  • Commentaires

    1
    MLLauer
    Mardi 29 Juin à 08:37

    Bonjour,


    Il y a en tout cas un optant DEIBER en Algérie, ° 1852 à Chatenois,


    et d'autres originaires de Drusenheim partis avant 1871.


    Cordialement,


    Marie-Luce

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